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1°/ La création de l’homme

 

Le Coran énonce l’origine commune de l’homme et de la femme : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et qui, de celui-ci, a créé son épouse et qui fit naître de leur union un grand nombre d’hommes et de femmes » (4, 1).

Mais, par ailleurs, le Livre saint de l’islam affirme et justifie la supériorité de l’homme sur la femme : « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-ci au-dessus de celles-là » (4, 34).

L’infériorité de la femme serait donc due à la volonté de Dieu et non pas à un esprit masculin de domination, lequel découle du péché originel selon l’enseignement chrétien. Mais le Coran ignore le péché originel.

La préférence de Dieu pour les hommes se manifeste ainsi par la marginalisation des femmes dans le texte sacré. A l’exception notable de Marie, toutes les femmes dont il y est question sont anonymes (par exemple : la mère de Moïse, les femmes du Prophète, etc.). Même Eve, la première femme, n’est pas désignée par son nom, ce qui n’est pas le cas du premier homme, appelé Adam.

 

2°/ La femme musulmane a-t-elle une vocation spirituelle ?

 

En ce qui concerne la religion, l’homme et la femme ont les mêmes devoirs et les mêmes obligations. L’un et l’autre sont tenus de suivre les cinq « piliers » du culte : profession de foi, prière rituelle, jeûne du Ramadan, aumône légale, pèlerinage à La Mecque. Cependant, la femme n’est pas obligée d’aller prier à la mosquée ; elle n’y est même pas encouragée. Et si elle s’y rend, elle doit se placer dans le petit espace clos par une tenture, aménagé à l’arrière de l’édifice, qui lui est réservé.

Comme l’homme, la femme doit procéder à des ablutions avant d’accomplir sa prière. L’islam conférant une grande importance aux notions de pureté et d’impureté légales, l’accès à la mosquée est interdit à la femme lorsqu’elle est impure aux yeux de la loi (pendant ses menstrues ou après un accouchement).

On constate donc une certaine méfiance vis-à-vis des femmes. C’est pourquoi la mixité sociale est mal vue, parfois interdite dans les lieux publics (transports en commun, marché, université, plages ou piscines, centres de loisirs, etc.). Cette méfiance se manifeste aussi dans l’obligation qui est parfois faite aux femmes de se voiler, en dehors de leur domicile.

 

3°/ La femme musulmane a-t-elle droit au paradis ?

Contrairement à une idée répandue, la femme est, comme l’homme, appelée à la vie éternelle. Il est vrai que de nombreux versets coraniques relatifs à ce sujet décrivent complaisamment les faveurs dont les élus hommes bénéficieront dans ce Jardin de délices où des houries perpétuellement vierges leur seront offertes et n’annoncent rien d’équivalent pour les élues femmes. Mais on ne peut s’en tenir là car on lit aussi dans le Coran : « Certes, Nous assurerons une vie agréable à tout croyant, homme ou femme, qui fait le bien » (16, 97) ; « Dieu a promis aux croyants et aux croyantes des jardins où coulent les ruisseaux. Ils y demeureront immortels » (9, 72).

Toutefois, selon la Sunna (Tradition mahométane), au retour d’un voyage nocturne qui l’aurait conduit dans l’Au-delà, le prophète de l’islam aurait déclaré avoir vu que les femmes constituent « le plus grand nombre des gens de l’enfer » (rapporté par Ibn Salih).

 

4°/ L’inégalité juridique de la femme musulmane

 

Le droit islamique prescrit certaines dispositions qui manifestent l’infériorité de la femme.

a) Devant l’héritage : « Dieu vous ordonne d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles » (4, 11).

b) Témoignage en justice : « Demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes. Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes, parmi ceux que vous agréez comme témoins. Si l’une des deux femmes se trompe, l’autre lui rappellera ce qu’elle aura oublié » (2, 282). En vertu de ce verset, les professions liées à la justice sont souvent interdites aux femmes dans les pays musulmans.

c) Dans le cadre du mariage : ce sera l’objet de la PFV n° 20.

La femme est considérée par le droit musulman classique comme une mineure à vie. Chaque décision importante (mariage, voyage, emploi, etc.) nécessite l’autorisation d’un tuteur. Celui-ci est l’homme qui lui est le plus proche par la parenté (père, mari, oncle, frère, fils aîné).

En revanche, rien dans le Coran n’interdit à la fille d’être scolarisée comme le garçon et à la femme de participer aux affaires de la cité. De même, partout (sauf dans l’Afghanistan des Talibans), les jeunes filles ont accès à l’université et les femmes adultes, fussent-elles mariées, occupent une place de plus en plus importante dans le monde du travail.

Elles peuvent d’ailleurs revendiquer ce droit en se basant sur l’exemple de Khadija, femme d’affaires et première épouse de Mahomet, dont il fut d’abord l’intendant, et sur un verset coranique : « Une part de ce que les hommes auront acquis par leurs œuvres leur reviendra ; une part de ce que les femmes auront acquis par leurs œuvres leur reviendra » (4, 32). Cependant, la Sunna rapporte ce propos de Mahomet : « Jamais un peuple ne prospèrera s’il confie l’autorité à une femme » (El-Bokhari, L’authentique tradition musulmane, trad. G.-H. Bousquet, Grasset, 1964).

 

Contrairement au christianisme, l’islam n’a pas développé une théologie de la femme. On ne trouve dans l’enseignement musulman aucune réflexion doctrinale et spirituelle sur le mystère et la vocation de la femme. Dans l’islam, la féminité est très rarement considérée pour ce qu’elle peut apporter à l’humanité en vertu de ses charismes et de son génie propres. De même, l’histoire islamique n’est pas jalonnée de figures féminines dignes d’être exaltées comme c’est le cas dans l’histoire chrétienne.

 

Annie Laurent

 (Mars 2014)